Hunting Season

Malgré les essuie-glaces, votre visibilité reste réduite en raison de la pluie torrentielle sur le pare-brise. Ce n’était vraiment pas le moment de craquer. Pourtant, vous voyez des éclairs à proximité projeter la silhouette d’une vieille maison. À travers la fenêtre, vous pouvez voir la cheminée illuminer un groupe de trophées de chasse. Leur regard trahit qu’il vaut mieux passer son chemin, mais la porte s’ouvre déjà. « Aidez-moi, aidez-moi à sortir d’ici, le chasseur veut me tuer. »

Qu’est-ce que je viens faire là…

Dès le départ, nous sentons que nous ne sommes pas à notre place. L’accueil est très sommaire voire inexistant. Nous sommes installés dans une petite pièce décorée d’un gigantesque néon Coca-Cola. Le rouge est omniprésent, ce qui nous permet d’oublier le ronronnement du frigo rempli de sodas auxquels nous n’aurons évidemment pas droit, mais c’est habituel dans la région.

Nous sommes invités à patienter dix minutes. Seuls, livrés à nous-même, sans raison apparente puisque les alentours sont déserts. Une autre session ou un débriefing est en cours ? Non. Il n’y a effectivement pas foule que ce soit dans ou autour de l’enseigne en ce dimanche après-midi. Peut-être que notre game master doit préparer la salle avant notre démarrage ? Non plus. Plus certainement, il lui fallait un peu de temps pour aller fumer la « sigaret » qu’il était en train de préparer à notre arrivée. Bon, admettons.

Une histoire ? Pour quoi faire ?

Nous entrons subitement dans la salle. Notre game master ne nous donne aucun contexte, et se contente des consignes de sécurité dans un anglais approximatif alors que nous découvrons visuellement les lieux avec déception (déjà). Finalement après cinq minutes de jeu, il se souvient qu’il a oublié de nous préciser quelque chose d’important et nous indique donc à distance que nous devons nous cacher pour ne pas être vus par le chasseur. Ah oui tiens, merci pour la précision…

Que dire du fait que l’une des premières énigmes n’était pas faisable dans l’état, et que le jeune homme a du éteindre la lumière d’une « seconde salle » pour venir repositionner des choses avant de repartir, tout sauf discrètement… En voici une belle de déception (encore), car son intervention doit être nécessaire 9 sessions sur 10 vu la mauvaise réalisation de l’énigme. En même temps, nous y serions encore sans cela, donc nous essayons de passer outre et de poursuivre.

Pour revenir sur l’immersion, nous sommes supposés craindre le retour d’un chasseur et donc sentir une certaine forme de peur a priori, ou de tension a minima.  Il est vrai que la moitié de l’équipe a sursauté à plusieurs reprises à cause du larsen provoqué par le micro du game master.

On s’extirpe des lieux, en oubliant la règle éternelle de ne pas grimper sur les meubles, car c’est le seul moyen de parvenir à l’extérieur. De là, nous devons nous introduire dans le hall d’entrée de la demeure (pourquoi sortir pour re-rentrer?), découvrir un passage secret qui retombe sur la 1re pièce (de nouveau, pourquoi ?) puis finir dans la salle de torture du chasseur. Le site web mentionne : « réfléchissez lentement, et surtout cherchez bien car cette pièce prend tout son sens. »… Ce labyrinthe n’en a justement aucun, sens.

Un point positif toutefois, dans la dernière partie nous n’entendions plus du tout notre hôte qui s’évertuait à parler dans le vide puisque le son ne sortait que des enceintes de la première pièce, où nous n’étions plus. Et tant mieux !

Surestimée, beaucoup trop…

Le descriptif précise : « une aventure très excitante, sans cadenas ou énigmes difficiles ». Pour ces deux derniers points, on confirme ! Pour l’aventure par contre, il faudra clairement repasser. Ou pas d’ailleurs car nous ne sommes pas prêts d’y remettre les pieds. Et pour l’excitation : la même. À part celle de sortir le plus vite possible pour aller manger.

C’était ma 368e salle, et je n’ai que très rarement vécu une fin aussi cheap… Nous nous échappons en effet en repassant par la 1re salle dans laquelle un « tunnel » a été aménagé par le game master pendant que nous pestions sur la dernière énigme. Et quand je dis tunnel, c’est en fait deux planches disposées à la va-vite (et bruyamment) qui ne laissent que la possibilité de sortir par une porte rigolote (mais qui nous avait été montrée dès le début comme « sortie de secours »). Flop.

Au final, cette salle possède bien les codes d’un escape game, avec des mécanismes et énigmes classiques, dont une assez originale il est vrai, et sans cadenas numérique. Mais est-ce suffisant ? Clairement non. Nous regrettons d’avoir fait confiance à la notation du site de référence du Benelux et de nous être arrêtés sur la route du retour en France pour si peu…