Autopsie

Plongez dans les coulisses d’une salle d’autopsie aux mystères omniprésents.

Un challenge à relever ?

Ce qu’on aime bien avec les escape games en banlieue, c’est que nos potes d’échappement qui y habitent peuvent nous inviter à manger. On se fait un après-midi jeux sur Unlock! et en même temps, pour le dessert, un petit escape game.

J’avoue que pour celui-là, il vaut mieux manger après qu’avant. En effet, comme vous le verrez, ce n’est pas très ragoutant (et interdit aux moins de 16 ans).

Tout d’abord, commençons par la discussion avec notre game master. Il a un peu bourlingué aussi à Budapest et du coup,  nous avons trouvé pas mal de sujets de conversation en attendant que le groupe soit formé (enfin, arrivé serait le terme le plus juste).

Les fondamentaux ne sont cependant pas là : ni boissons, ni bonbons (on découvre la licence, je rappelle). Durant la discussion, on apprend que notre scénario a 0% de réussite après quelques mois d’exploitation. On est plutôt ravis, c’est chouette un nouveau challenge à relever !

Une salle à (mieux) fouiller

Notre game master nous explique les règles de sécurité. Elles sont suivies d’une vidéo assez gore sur ce qui peut nous attendre. Ensuite, nous sommes envoyés à l’intérieur d’une pièce que l’on peut qualifier de morgue. La lumière est absente et aucun interrupteur à portée de main. Notre premier instinct de fouille sera donc d’ouvrir à tâtons les placards de la morgue. Et bien croyez le ou non, mais dans le noir, avec quelques effets de fumée : voir des corps (en plastique certes…) nous a assez rapidement refroidi !

Une fois la lumière allumée, on se regarde tous les 5… et on se demande : au fait : c’est quoi le pitch ? Non mais c’est pas tout ça, mais personne ne nous dit pourquoi on en est là !

Des éléments à lier…

Bon, qu’à cela ne tienne, on tente quand même d’avancer. Et là, c’est le drame : rien. Effectivement, rien ne nous vient à l’esprit, aucune association d’idées. C’est bien la première fois que cela nous arrive dans un escape game. Le game master commence à nous aiguiller mais à chaque nouvelle énigme, aucun moyen d’avancer par nous-même. Aucune trame, aucun lien logique n’apparaît au fur et à mesure. Ce qui était un doute devient une évidence : il est impossible de faire cet escape game sans le maître du jeu…

Il commence à monter au sein du groupe une certaine frustration d’être aussi game master-dépendants. Cependant, on continue à avancer péniblement. Les énigmes s’enchaînent plus ou moins avec élégance dans un décors des plus sombres et sordides. Et là dessus, nous ne sommes pas déçus : les aspects corps-opération-sang sont très bien rendus. Par contre, c’est au travers des difficultés de compréhension que nous tentons vainement d’avancer. Aucun fil conducteurs ne permet d’associer les éléments entre eux, voire certains éléments sont juste incohérents. Les minutes passent et le sentiment d’agacement grandit pour toute l’équipe.

… mais comment avancer sans aide ?

En résumé, nous évoluons donc dans un univers sanglant bien réalisé. Par contre, chaque énigme débouche immanquablement sur une demande d’aide à notre game master. On se sent complètement désemparé, la notion de plaisir de jeu a totalement disparue. L’heure allouée s’achève, notre progression globale atteignant 60 % selon notre game master. Au sortir de ce calvaire, nous estimons que cet escape game est complètement infaisable par nous-même.

S’ensuit un discussion avec les game masters et concepteurs. La volonté des auteurs est clairement que le game master joue une part importante dans l’histoire. À ce niveau là, le game master n’a pas une part importante : mais devient carrément le 6e joueur. Malheureusement, nos avis divergent profondément avec les concepteurs. À l’évidence l’escape game ne peut pas être remis en cause, il n’est ni mal pensé ni mal équilibré. Il n’y a que des mauvais joueurs…

Finalement, se gargariser d’un 0 % de réussite n’est pas glorieux selon nous. Ça n’est pas synonyme d’un escape game difficile, mais juste jeu mal dosé et impossible.

Un escape game à (re) concevoir

Au final, l’amusement n’est pas là. Et c’est bien dommage car les décors sont vachement bien faits. Les énigmes pourraient être bonnes si les éléments étaient mis en lien, qu’un fil conducteur pouvait être suivi. Les énigmes sont artificiellement complexe, il nous semble évident qu’elles devrait être revue à la baisse. Le jeu pourrait alors avoir plus de place plutôt qu’un assistanat continuel du game master.

Du coup un grand débat sur la notation de cet escape game a été soulevé, mettre la moyenne ou pas ? Si les décors n’avait pas été aussi prometteur, la réponse aurait été non. Cependant, nous ne pouvons pas non plus conseiller un escape game où la démarche est de faire « différent » des autres au détriment de ce qui rend un escape game amusant : son accessibilité !

Au final, le 0 % de réussite n’est pas un gage de difficulté, mais un gage que les concepteurs se sont engagés dans la mauvaise voie… la bonne question est : s’en rendront-ils compte ?

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